L’économie ukrainienne résiste grâce à l’aide internationale

Après avoir plongé, la production ukrainienne a rebondi l’an der‐ nier. Mais elle reste cantonnée à un format d'économie de guerre. La question de l’aide internationale est clé alors que la présiden‐ tielle américaine pourrait changer la donne.

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Par Xavier Diaz

L’Ukraine devrait recevoir prochainement une troisième tranche d’aide du Fonds monétaire international (FMI) de 880 millions de dollars. Ce versement s'inscrit dans un programme de facilité étendue (EFF) de 15,6 milliards de dollars sur quatre ans, au sein d'un plan international global de 115 milliards de dollars destiné à stabiliser l'économie en temps de guerre et préparer la reprise future.

Un paradoxe de croissance et de stabilité

Contre toute attente, l'économie ne s'est pas effondrée. Selon Sylvain Bersinger, chef économiste chez Astérès, le choc a été moins violent qu'anticipé. Après une chute brutale du PIB de 29 % en 2022, la croissance a rebondi à 4,5 % en 2023, et le FMI table sur une progression de 3 % à 4 % pour 2024.

La désinflation a également été spectaculaire : après un pic à plus de 20 % en 2022, la hausse des prix est retombée à 6 % fin 2023. Parallèlement, la Banque nationale d’Ukraine a réussi à stabiliser le marché des changes et à porter ses réserves à 39,5 milliards de dollars.

Les stigmates de l'économie de guerre

Malgré cette résistance, le coût financier est immense. L'effort de défense pèse lourdement sur les finances publiques :

  • Déficit public : Il devrait atteindre 18,7 % du PIB cette année.
  • Dette publique : Prévue à 87,1 % du PIB en 2024, elle pourrait frôler les 100 % en 2026.
  • Dette à court terme : Elle représente 85 % du total.
  • Besoins de financement : L'Ukraine aura besoin de 42 milliards de dollars cette année, dont 32 milliards provenant de la communauté internationale.

L'aide américaine : Le pivot de l'incertitude

La pérennité de cette résilience repose sur le soutien étranger, aujourd'hui menacé par les blocages politiques. Si l'Union européenne a déjà fourni 75 milliards d'euros et prévoit d'aller jusqu'à 140 milliards, l'aide américaine de 60 milliards de dollars est actuellement paralysée au Congrès.

Les perspectives pour la fin d'année dépendent largement du paysage politique aux États-Unis. Une remise en cause de l'aide en cas de changement de présidence pourrait bouleverser le financement de la guerre et la viabilité budgétaire du pays.

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