XIV -XVIII siècle Les cosaques d’Ukraine
Sur les terres riches et fertiles de l'Ukraine moderne -depuis l'antiquité semi légendaire, jusqu’au mystérieuses cultures de paysans-laboureurs- différentes civilisations se sont épanouies, dont les successeurs, à partir du 1er millénaire de notre ère, seront connus sous le nom de "Slaves"
Le mot "Ukraine" signifiait sa terre, sa terre natale. Un analogue est le mot allemand Inland, qui signifie intérieur, propre terre.
Traduit du sanskrit, le son "ukr" signifie "lumière" et la partie "ra" signifie "soleil". À son tour, "yin" est une énergie spirituelle subtile. Par conséquent, pour les descendants de la civilisation agricole, l'Ukraine est un pays de soleil et d'énergies spirituelles.
Le phénomène cosaque
Ce phénomène s'inscrit dans la continuité de contacts beaucoup plus anciens entre les Slaves orientaux et différentes populations nomades des steppes. Il prolonge aussi des traditions bien établies de communautés territoriales, autonomes et militarisées, employées dans ces régions à la défense de zones frontalières. Aux XIe-XIIe siècles, par exemple, les grands-princes de Kyiv avaient créé à la limite des steppes une zone-tampon gardée par des nomades turcophones ralliés, les Toques Noires ».
Le nom de «Cosaque» (du terme turc -Kazak- attesté dès les XIIIe-XIVe siècles) signifie à peu près «fugitif, dissident». Pendant le passage dévastateur des Mongols au milieu de XIIIè siècle, le centre politique des grands princes de Kyiv se déplace à Lviv, tandis que les groupements assez importants de guerriers de Kyiv se déplacent vers le sud pour organiser une sorte zone tampon frontalière et une meilleur protection de Kyiv. Ce type d'hommes libres armés -généralement combattants, mercenaires ou brigands - a été désigné du mot générique de "Cosaques" par leurs ennemis.
L'originalité des Cosaques
L'originalité des Cosaques était une organisation reposant au départ sur la stricte égalité des membres du groupe. Tous les chefs (ukrainien otaman) и dignitaires (juge, secrétaires, différents officiers) étaient élus périodiquement, et révocables à tout moment par une assemblée générale où chaque Cosaque avait voix au chapitre. Les ressources étaient possédées en commun.
Formation des Cosaques d'Ukraine à l`époque lituanienne
Au XIVè siècle, la plupart du territoire ukrainien se retrouve sous protectorat de la grande-principauté de Lituanie, lui épargnant les dévastations causées par la Horde d'Or qui s'est installée en Crimée et dans les larges steppes du sud de l'Ukraine, terres non peuplées mais contrôlées par des groupements de Cosaques. Les Cosaques d'Ukraine s'installent sur les rives du Dniepr et s’affirment comme les adversaires des Tatares et des Turcs ottomans (les Tatars de Crimée étant depuis 1475, vassaux de l'Empire Ottoman).
La noblesse ukrainienne participa à l'organisation des communautés cosaques, parfois avec le soutien du pouvoir Lituanien qui avait du mal à contrôler les marges méridionales de sa grande principauté.
Ces liens entre classe guerrière en formation et aristocratie traditionnelle sont très particuliers aux Cosaques d'Ukraine et les distinguent de ceux du Don ou de l'Oural.
Le Prince Dmytro
Le Prince Dmytro « Baida » Vychnevetsky est le fondateur sur une île du Dnipro d'un fortin qui allait devenir la fameuse Sitch, le berceau des Cosaques « Zaporogues » (établis «au-delà» (za) des «rapides» (porohy) du fleuve). Leur renommée fit que ce nom s'étendit par la suite aux autres Cosaques d`Ukraine, si bien que tous finirent par se dire « Zaporogues ».
Les Cosaques d'Ukraine à l’époque polonaise
En 1569, lors de l'union de la Lituanie et de la Pologne, les territoires ukrainiens furent transférés à la Couronne polonaise.
Les Polonais s’efforceront d'enrégimenter une partie des Cosaques en créant des unités régulières servant le roi en échange d'une solde, de divers privilèges, et en leur conférant une large autonomie. Mais à la Sitch et dans les steppes attenantes, plusieurs dizaines de milliers de Cosaques sans statut officiel menaient encore une existence à peu près indépendante.
Dans le contexte de tensions sociales, nationales et religieuses (dues au prosélytisme catholique des Polonais), les Cosaques se firent plus ou moins consciemment les champions de la population ukrainienne orthodoxe contre la domination étrangère.
À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, ils déclencheront ou encourageront divers soulèvements auxquels se rallieront d’autres couches de la population ukrainienne, qui voyaient dans les cosaques les défenseurs de leurs intérêts ou aspiraient elles-mêmes aux « Libertés cosaques ». Au terme de révoltes systémiques, l'autonomie des Cosaques fut sérieusement réduite par les autorités Polonaises.
Mais les tensions en Ukraine continuant à s’accroître déboucheront sur une explosion majeure en 1648.
1648 - 1-ère Guerre pour l'Indépendance d'Ukraine
L’Hetman (Chef suprême des Cosaques d'Ukraine) Bohdan Khmelnytskyi, leva l'étendard de la révolte contre l’omnipotente noblesse polonaise, avec le concours des Tatars de Crimée. Soutenu largement par les paysans ukrainiens, l'armée des Cosaques renforcée par la cavalerie tatare écrasa les forces polonaises.
En 1649 le Roi Polonais Jean-Casimir dut signer le traité d'autonomie des trois provinces d'Ukraine centrale, constituant l'acte de naissance d’un véritable Etat autonome d'Ukraine administré par la classe cosaque et son hetman. Les premières pierres d’un Etat ukrainien indépendant étaient posées sous le nom d’«Hetmanat».
Mais ce traité ne rétablit pas la paix : il n'offrait rien aux paysans insurgés qui refusaient le retour à leur condition de serfs, et Khmelnytsky désespérant de parvenir à un compromis satisfaisant avec les Polonais, chercha d’autres partenaires.
Une ambassade fut envoyée en Suède, avec laquelle l'aristocratie ukrainienne entretenait des liens dynastiques familiaux depuis l'époque de Rus de Kyiv. Mais l'ambassade de l'hetman fut arrêtée en Moscovie, passage obligé sur la route vers la Baltique. À
Accord de protectorat militaire
Profitant de ce que l'ambassade était retenue en Moscovie, le tsar, observateur attentif des événements en Ukraine, s’empressa de proposer un protectorat militaire à Bohdan Khmelnytsky.
N'ayant pas reçu de réponse des Suédois, et ignorant que son ambassade n'était pas arrivée en Suède, Bohdan Khmelnytskyi signa un accord de protectorat militaire avec le tsar de Moscovie, à condition de préserver l'indépendance et l'intégrité des terres ukrainiennes. Mais le tsar de Moscovie avait d'autres projets.
À partir de 1654, les troupes moscovites manifestent aux cosaques ukrainiens leur intention de rester и, sous couvert de protectorat, commencent à imposer le modèle moscovite de gestion des terres à Khmelnytsky.
Khmelnytsky, réalisant l’impasse dans laquelle il a engagé l'Ukraine, meurt d'une crise cardiaque en 1657.
L'hetman Ivan Mazepa
C'est le début d'une période d'intense résistance aux tentatives de la Moscovie d'assujettir les « Libertés cosaques ». Le point culminant de cet affrontement fut la tentative du tsar de Moscovie de subordonner l'Église orthodoxe d'Ukraine au patriarcat de Moscou.
C'est Ivan Mazepa, figure légendaire des poèmes de Voltaire et de Bayron, qui conduit les Cosaques d'Ukraine à se soustraire de joug moscovite en 1708-1709.
L’Ukraine a toujours aspiré à être libre ; mais étant entourée de la Moscovie, des États du Grand Seigneur, et de la Pologne, il lui a fallu chercher un protecteur dans l’un de ces trois États. Elle se mit d’abord sous la protection de la Pologne, qui la
VOLTAIRE « HISTOIRE DE CHARLES XII, ROI DE SUÈDE »
Rus de Kyiv
Hetman durant plus de vingt ans, Ivan Mazepa agit en véritable chef d'État de l'Ukraine, légiférant sur les questions les plus diverses, entraînant une vraie renaissance de la culture ukrainienne en favorisant artistes, universités et grandes écoles et en restaurant spectaculairement d’anciennes cathédrales orthodoxes. L'ampleur de son action fut telle que la période est qualifiée de « renaissance mazepienne » par les historiens.
Lors de la Grande Guerre du Nord en Pologne, Mazepa cherche à réunir à l'Hetmanat ukrainien les territoires de la rive droite du Dniepr demeurés sous juridiction polonaise. Il décide en 1708 de se rallier au roi Charles XII de Suède. Dans sa proclamation, il évoque le « protectorat inutile, malheureux et sans avenir des Moscovites », le « joug de la tyrannie moscovite » et qualifie les Moscovites d'« éternels ennemis ».
Constitutions de Pylyp Orlyk
La réaction moscovite coupe court à sa tentative. Batouryn, la capitale de Mazepa est détruite et sa population massacrée. Lorsque les Cosaques de la Sitch se prononcent pour Mazepa et lui apportent un renfort de 8000 hommes, le tsar Pierre Ier envoie une armée détruire « cet endroit maudit, qui était la racine du mal » pour les moscovites. La Sitch est prise en mai 1709.
À Poltava en juin 1709, les moscovites l'emportent sur les Suédois. Charles XII, avec les restes de son armée et l'hetman Mazepa avec ses Cosaques, se réfugient en territoire ottoman (dans l'actuelle République de Moldavie). Mazepa meurt peu après.
Mazepa est considéré comme LE héros du combat pour les « Libertés traditionnelles ». Mais ses méthodes autoritaires poussent aussi les Cosaques à encadrer les pouvoirs du nouvel hetman par des règles strictes, tout en réaffirmant leurs droits collectifs sur le territoire ukrainien et d'autres grands principes qui leur sont chers.
Quel état les Cosaques recherchaient ils ?
La réaction moscovite coupe court à sa tentative. Batouryn, la capitale de Mazepa est détruite et sa population massacrée. Lorsque les Cosaques de la Sitch se prononcent pour Mazepa et lui apportent un renfort de 8000 hommes, le tsar Pierre Ier envoie une armée détruire « cet endroit maudit, qui était la racine du mal » pour les moscovites. La Sitch est prise en mai 1709.
À Poltava en juin 1709, les moscovites l'emportent sur les Suédois. Charles XII, avec les restes de son armée et l'hetman Mazepa avec ses Cosaques, se réfugient en territoire ottoman (dans l'actuelle République de Moldavie). Mazepa meurt peu après.
Mazepa est considéré comme LE héros du combat pour les « Libertés traditionnelles ». Mais ses méthodes autoritaires poussent aussi les Cosaques à encadrer les pouvoirs du nouvel hetman par des règles strictes, tout en réaffirmant leurs droits collectifs sur le territoire ukrainien et d'autres grands principes qui leur sont chers.
Le texte de « Pactes et Constitutions » (resume)
- Monopole du christianisme orthodoxe en Ukraine.
- Délimitation des frontières ukrainiennes par des traités internationaux.
- Alliance avec le khanat de Crimée.
- Restitution à la Sitch de son territoire avec l'aide de l'Hetmanat et de la Suède.
- Restitution à la Sitch de sa ville-hospice de Trakhtemyriv.
- Contrôle du pouvoir de l'hetman par une assemblée générale régulière.
- Jugement des officiers par le Tribunal de l'Armée (et non par l'hetman).
- Interdiction à l'hetman d'utiliser des services personnels pour les affaires publiques.
- Séparation des budgets : distinction entre les ressources privées de l'hetman et le budget de l'Armée.
- Protection de la population contre les abus des officiers.
- Protection des veuves et des orphelins des Cosaques.
- Révision fiscale : réorganisation des terres et des impôts après la libération du pays.
- Autonomie municipale : garantie des privilèges urbains.
- Lutte contre les abus de réquisition et les frais de voyages officiels.
- Suppression des taxes destinées au recrutement de mercenaires personnels.
- Détaxation du petit commerce, des foires et de l'artisanat familial.
Résumé de l'essai historique
Depuis lors, l'histoire de l'Ukraine n'a été rien d'autre qu'une lutte constante pour la restauration de ses libertés, son droit de vivre sur ses terres historiques, le droit à son propre État, et à sa structure sociale spécifique, dont les premières racines remontent à l'antiquité. Ce système traditionnel, ces coutumes et ces lois inviolables demeurent l'épine dorsale de la société ukrainienne moderne. C'est cette force légendaire qui anime encore l'armée ukrainienne, consolide la société, et rend l'Ukraine invincible dans sa lutte.