Un piège géographique ? La Crimée est géographiquement assez grande pour attirer la convoitise et devenir un piège pour les armées qui s'y installent, mais pas assez isolée ni configurée pour être défendable à long terme. Les empires s'accrochent à la Crimée par pur orgueil ou avidité. Ils y gaspillent leurs ressources militaires et économiques dans une impasse stratégique, ce qui finit par causer leur ruine au niveau de leur centre névralgique.
Faisont un saut dans la géopolitique et la guerre informationnelle actuelle.
Introduction :
« Tout a commencé avec la Crimée, et c'est avec la Crimée que tout se terminera. »
Cette phrase, devenue presque prophétique, résonne comme un leitmotiv dans la bouche des dirigeants politiques et des leaders d'opinion depuis le début de la guerre à grande échelle qui secoue l'Ukraine. Plus qu'un simple slogan, elle formule une vérité historique et géopolitique incontournable : la Crimée n'est pas un enjeu périphérique de ce conflit, elle en est le cœur battant, le point de départ et, ultimement, la clé de la paix.
Lorsque le monde s'est réveillé sous le choc de l'invasion de 2022, beaucoup ont oublié que le premier acte de cette tragédie s'était joué huit ans plus tôt, en 2014, dans la péninsule de la mer Noire. C’est là, sous le couvert de « petits hommes verts », que l'ordre international a été ébranlé pour la première fois. Et c'est là que se noue le destin de la région.
Cette article a pour ambition de plonger au cœur de cette prophétie moderne. Car comprendre la guerre actuelle, c'est d'abord comprendre que tant que le drapeau de la justice ne flottera pas de nouveau sur la péninsule, l'histoire ne pourra pas s'écrire au futur.
Bienvenue dans le récit d'un territoire où s'est joué le premier jour de la guerre, et où se décidera, inévitablement, le dernier.
Comment la Crimée a anéanti/coincé sept empires.
« Un empire ne peut pas battre en retraite. Le moment où un empire commence à reculer marque sa fin. C'était vrai pour Rome, c'était vrai pour chaque empire. Cela a commencé avec la Crimée en 2014, et cela se terminera avec la Crimée », la citation de Gary Kasparov, l’un des opposants majeurs de Poutine. C'est une observation très juste de la part de ce champion du monde d'échecs. Parlons donc de pont de vue de l’histoire de ces sept empires que la Crimée a enterrés.
1. Le Royaume du Pont
Le premier d'entre eux est le Royaume du Pont. Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler, ou peut-être que si, mais il y a environ 2 000 ans, c'était un État extrêmement célèbre.
Ce royaume était situé sur le territoire de la Turquie actuelle. Il était peuplé de Grecs et de diverses populations locales. Ils ont créé un État surpuissant qui rivalisait d'égal à égal avec l'Empire romain au sommet de sa gloire. Son dirigeant, Mithridate VI Eupator (la ville d'Evpatoria en Crimée a d'ailleurs été nommée en son honneur), est venu dans La Crimée. Il y a rencontré les Scythes, les a un peu vaincus – mais pas totalement –, et a fini par y mourir très tragiquement.
Mithridate a dirigé de 120 à 63 avant notre ère, à l'époque des rois scythes Scilurus et Palacus. Il a bâti cette puissance pour stopper l'expansion romaine vers l'Est. Il est resté célèbre comme un général talentueux, mais aussi comme l'homme qui s'est progressivement habitué aux poisons pour s'immuniser contre les tentatives de meurtre. C'est de là que vient le terme « mithridatisme». Les gens boivent de petites doses de différents poisons pour que ceux-ci n'aient plus d'effet sur eux.
Mithridate a mené trois grandes guerres contre Rome (les guerres mithridatiques) entre 89 et 63 avant notre ère. Face à lui se trouvaient de célèbres généraux romains : Lucius Cornelius Sylla (connu pour ses proscriptions) et Pompée le Grand (qui finira par se faire décapiter en Égypte). Au début, Mithridate écrasait les Romains. L'épisode le plus sanglant fut les « Vêpres asiatiques», où, sur son ordre, des dizaines de milliers de Romains et d'Italiques furent massacrés simultanément dans les villes d'Asie Mineure.
Cependant, Rome a fini par reprendre l'avantage. Après avoir perdu sa troisième guerre, alors qu'il avait levé d'immenses armées et combattu pendant 25 ans, où s'est-il enfui ? Imaginez-vous qu'il s'est réfugié dans le Royaume du Bosphore, dont la capitale était Panticapée, sur le territoire de l'actuelle ville de Kertch en Crimée.
C'est là qu'il a conçu un plan incroyablement audacieux : lever une armée géante en s'alliant cette fois avec les Scythes et les Sarmates (au lieu de les combattre, ce qui avait été son erreur initiale), traverser la région de la mer Noire et les Balkans, puis envahir l'Italie pour frapper Rome en plein cœur. Mais en 63 avant notre ère, son propre fils, Pharnace II, a fomenté une révolte contre lui.
Se retrouvant dans une situation sans issue à Panticapée / Kerch, Mithridate a tenté de s'empoisonner. Selon les auteurs antiques, son mithridatisme a fonctionné : le poison n'a eu aucun effet en raison de son immunité. Il a alors demandé à son garde du corps celte (un Gaulois, l'équivalent d'un Français moderne) de le transpercer de son épée. Le mont Mithridate en Crimée porte aujourd'hui son nom. C'est en Crimée qu'il a commencé ses aventures impériales, et c'est en Crimée qu'il les a terminées.
2. L'Empire romain
Deuxième situation : son rival, Rome la victorieuse. Après la défaite de Mithridate face à Pompée le Grand en 63 avant notre ère, le Royaume du Bosphore est devenu un allié dépendant de Rome, mais dirigé par des rois locaux et non par des gouverneurs romains. Le Bosphore était si fort et si éloigné que les Romains n'ont même pas essayé d'y changer la dynastie, contrairement à ce qu'ils faisaient partout ailleurs. C'était un os dur à ronger pour eux.
En Ukraine, on trouve beaucoup de pièces de monnaie du Bosphore. Elles sont très intéressantes. Par exemple, elles représentent souvent un homme et une femme ensemble, ce qui montre que le rôle des femmes était très élevé dans leur dynastie sarmate (chez les Sarmates, les femmes dirigeaient parfois des unités militaires). De plus, au début, on y voit un sceptre, une étoile, et surtout : un trident. Les pièces du Royaume du Bosphore arboraient des tridents, systématiquement. Puis, à partir de la fin du IIe siècle, des croix apparaissent à la place des sceptres. Ce royaume du Bosphore fournissait à lui seul la moitié du blé consommé par Athènes au Ve siècle avant notre ère. C'était un État doté d'une histoire ancienne et d'une vraie politique.
Rome a parfois été en conflit avec les rois du Bosphore, maintenant des garnisons à Chersonèse (actuelle Sébastopol) et dans de petites forteresses sur la côte sud-ouest. Le reste de la Crimée restait sous le contrôle du Royaume du Bosphore, tandis que les steppes étaient dominées par les Scythes et les Sarmates.
Lorsque les Romains sont partis de là, leur départ a été brutal dans la seconde moitié du IIIe siècle de notre ère (vers l'an 271), au moment même où ils fuyaient la Dacie (l'actuelle Roumanie). La cause principale était la poussée des Goths, des Scythes et très probablement des Slaves. Ce fut le deuxième empire à s'effondrer après avoir perdu la Crimée. À partir de Constantin le Grand (début du IVe siècle), Rome n'a fait que glisser vers le démantèlement.
3. Le Khaganat khazar
Le troisième empire est, bien sûr, le Khaganat khazar. Sa présence en Crimée a duré environ du milieu du VIe siècle jusqu'à la fin du Xe siècle. Comment les Khazars sont-ils arrivés là ? Le Khaganat turc occidental s'est effondré, et une partie des tribus a fondé son propre État dans la région septentrionale de la mer Noire et dans le Caucase du Nord.
Chersonèse/Sebastopole occupait une position particulière : elle restait une ville romaine (byzantine à l'époque) mais subissait une forte influence khazare. C'est là que se cachaient parfois différents prétendants au trône byzantin. C'était une ville autonome.
Au Xe siècle, ce Khaganat khazar est soudainement tombé gravement malade. Que s'est-il passé ? Le prince de Kyiv, Sviatoslav le Brave, est arrivé dans les années 960. Après avoir écrasé les principaux centres de la Khazarie, le pouvoir khazar sur la Crimée s'est littéralement évaporé, laissant place à la principauté de Tmutarakan, dépendante de Kyiv. La Khazarie s'est volatilisée. Elle avait ses bases sur la Volga, mais c'est en Crimée et en Ukraine sur les rives gauches de Dnipro qu'elle s'est éteinte.
4. L'Empire byzantin
Quatrième empire : l'Empire byzantin. Après la division de l'Empire romain, sa partie orientale s'est réimplantée en Crimée. Au VIe siècle, sous l'empereur Justinien Ier, Byzance était extrêmement puissante (elle s'étendait alors jusqu'au sud de l'Espagne et au nord de l'Italie, après avoir écrasé les Ostrogoths). Les Byzantins ont fortifié plusieurs citadelles dans le sud de la Crimée, et Chersonèse/Sebastopole est restée une ville byzantine majeure pendant des siècles.
Mais qu'est-ce qui est arrivé ensuite ? Le prince Volodymyr (Vladimir le Grand) à la fin de Xiem siècle a pris Chersonèse pour la première fois de son histoire millénaire, grâce à l'aide de relais locaux — des collaborateurs. L'un d'eux a laissé son nom dans l'histoire : Anastase. Il a tiré une flèche dans le camp de Volodymyr avec un message indiquant où creuser pour couper l'accès à l'eau de la ville. En Crimée, quand il n'y a plus d'eau, surtout en été, c'est la fin. Ce fut le premier coup porté aux positions de Byzance en Crimée.
Le second coup a eu lieu en 1204 lors de la quatrième croisade, lorsque les croisés ont capturé Constantinople. Après cela, le pouvoir central de Byzance a cessé de contrôler la Crimée. Les élites byzantines locales ont commencé à agir de manière indépendante. Byzance se mourait, mais c'est en Crimée que son agonie s'est achevée.
Dans le sud-ouest de la Crimée est née la principauté de Théodoro. Elle a préservé les traditions byzantines et la langue liturgique grecque, mais sa population était gotho-alane. Ces mêmes Goths qui étaient arrivés en Ukraine au IIIe siècle : une petite partie est restée en Crimée, tandis que les autres ont fui vers l'Italie ou l'Espagne pour y fonder les royaumes wisigoth et ostrogoth. Le royaume wisigoth est d'ailleurs le noyau de la future Espagne. C'est une histoire fascinante. Les Catalans sont en fait des Goths et des Alans (Goth-Alans -> Catalans). Ils portaient des coiffes sarmates très caractéristiques qui se sont conservées jusqu'à aujourd'hui.
Cette principauté de Théodoro a survécu encore 22 ans après la chute de Constantinople (survenue en 1453). Constantinople était tombée, l'Empire byzantin n'existait plus, mais ce petit éclat lointain a résisté sur le mont Mangoup dans l'actuelle Crimée. Les Turcs ottomans ont mis plus de six mois à assiéger et prendre cette forteresse, soit plus de temps que pour prendre Constantinople elle-même. C'est en 1475 que les troupes de l'Empire ottoman ont liquidé cette principauté. Le quatrième empire s'est éteint là.
5. L'Empire ottoman
Mais l'Empire ottoman est lui aussi mort en tant que grande puissance en Crimée. Il a subi de multiples défaites de la part des cosaques ukrainiens. À l'époque, les cosaques naviguaient sur la mer Noire comme s'ils étaient chez eux, alors que formellement, toutes les côtes appartenaient à l'Empire ottoman. Toutes les rives étaient turques, les entrées du Dnipro étaient contrôlées par les Turcs, mais les cosaques réussissaient à y faire ce qu'ils voulaient. Ils attaquaient Istanbul, Trébizonde, Sinop ou Varna (il existe d'ailleurs une vieille chanson folklorique ukrainienne sur l'attaque de la forteresse de Varna).
6. L'Empire russe (tsariste)
L'Empire russe a lui aussi expiré en Crimée. Il s'est emparé de la péninsule en 1783, mais le premier coup terrible porté à ses fondations impériales a eu lieu lors de la guerre de Crimée (1853-1856). Cette guerre a exposé aux yeux du monde toute l'arriération de l'empire.
Le second coup, le coup fatal, l'Empire russe l'a reçu en Crimée avec la déroute de l'armée blanche du général Wrangel en 1920. Toute la « Russie blanche » s'est effondrée là, il ne restait plus personne. Un roman de science-fiction intitulé L'Île de Crimée a d'ailleurs été écrit pour imaginer ce qui se serait passé si Wrangel avait réussi à tenir la péninsule. Mais il a perdu. C'était le fin de l’Empire russe et c’était sixième empire.
7. L'Empire soviétique (URSS)
On peut voir l'Empire soviétique comme la prolongation de l'Empire russe, ou comme une organisation complètement différente. Les deux visions sont vraies. Sur le fond, c'est la même chose, mais sur la forme et les cadres, non. Les représentants de la Russie blanche ont soit été évacués de Crimée avec Wrangel (170 000 personnes), soit été fusillés sur place. Plus de 100 000 personnes ont été exécutées en Crimée par les bolcheviques en 1920. En tout, près de 300 000 personnes ont été tuées ou ont fui pour se dissoudre ensuite en France, en Algérie ou en Serbie.
L'Empire soviétique a commencé en Crimée par une défaite cuisante des "rouges-ventres" (les bolcheviques) en avril 1918. En l'espace de deux ou trois jours, la Crimée a été conquise par les Ukrainiens. Le corps de Crimée de l'armée de la République populaire ukrainienne, sous les ordres du colonel Bolbotchan, a percé les fortifications russes sur le Sivash.
Il y a Perekop à l'ouest et le Sivash à l'est. Au Sivash, personne ne risquait d'attaquer. Les Russes y avaient construit de puissantes fortifications, y transférant l'artillerie côtière de Sébastopol. La Russie s'était préparée très sérieusement à la Première Guerre mondiale, les ingénieurs avaient tout construit selon les derniers cris de la technique, mais les Ukrainiens ont tout transpercé d'un coup. Ils ont poussé les bolcheviques à la mer, et pour ne pas laisser la flotte aux Ukrainiens, les bolcheviques ont sabordé la flotte de la mer Noire.
L'Empire soviétique s'est également terminé en Crimée, avec la séquestration de Mikhaïl Gorbatchev à Foros en 1991. Il y a été enfermé par les membres du KGB. Ces agents aux mains tremblantes ont tenté de sauver l'URSS, mais ils ont échoué avec la même efficacité que Poutine lorsqu'il essaie de sauver la Russie aujourd'hui.
Conclusion : Pourquoi la Crimée est-elle un piège géopolitique ?
La question centrale est : pourquoi la Crimée est-elle le fossoyeur des empires ? La réponse est simple mais beaucoup ne la comprennent pas. Le fait est que la Crimée est assez grande pour être un piège, mais pas assez grande pour être capable de se défendre de manière autonome. Si elle était une île parfaitement ronde au milieu de la mer Noire, elle se défendrait peut-être mieux, comme Taïwan. Mais à cause du Sivash, de Perekop et de sa configuration, elle a historiquement toujours fini par être prise.
Parfois facilement, comme par les Ukrainiens en 1918, par le chef cosaque Sirko en 1675, ou par le hetman Bohdan Ruzhynsky en 1575. Pour le prince Volodymyr en 988, ce fut plus dur. Il a dû y passer six mois, au point d'en perdre temporairement la vue à cause du stress, jusqu'à ce que le collaborateur Anastase lui envoie son message. Olgerd et Vitovt (grands-ducs de Lituanie) y sont allés aussi aux XIVe et XVe siècles. Plus tard, sous les tatars de Crimée, il y avait une très forte fortification appelée "Or" ou Perekop.
La Crimée apparaît aux yeux des Russes comme une « perle ». Rogozine disait : « Regardez ces petits cailloux, qu'importe le prix du pétrole, nous marchons sur ces cailloux historiques où le prince kiévien Volodymyr a reçu le baptême ». Les Russes ont ce complexe : ils veulent s'approprier et coller leur identité à l'histoire des autres.
Mais militairement, la Crimée est incapable de se défendre. On a beau construire des lignes fortifiées à Perekop ou au Sivash, on peut toujours les contourner ou les franchir. Et dans le monde moderne, où les drones volent facilement à 200 kilomètres de distance et peuvent attaquer en essaims, la péninsule n'est physiquement plus défendable. Autrefois, les Goths et les Alans pouvaient grimper sur le mont Mangoup et y rester des mois sans craindre les immenses armées ottomanes ou tatares. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que le mont Mangoup ? C'est une cible parfaite où le premier drone venu s'écrasera avec un grand plaisir.
Aujourd'hui, la Russie ressemble à ce singe avec une banane. Au Brésil, les habitants s'amusent à attraper les singes d'une manière très particulière : ils prennent une citrouille, la vident et y percent un trou juste assez grand pour laisser passer la main ouverte du singe. À l'intérieur, ils placent une banane. Le singe glisse sa main, attrape la banane, ferme son poing, mais avec le poing fermé sur le fruit, il ne peut plus ressortir sa main du trou. La cupidité le perd. Il refuse de lâcher sa proie, et c'est ainsi qu'il se retrouve piégé tout seul.
La Crimée aujourd'hui, c'est la banane. La Russie est exactement ce singe. Sauf que la banane ne se bat pas, elle se transforme juste en bouillie. C'est un piège.
Au-delà de l'histoire du singe, il y a une autre comparaison : les dinosaures. Les empires sont des dinosaures. Ils divaguent, ils se préparent aux guerres du passé, ils ont un corps immense mais pas assez de cerveau. Leur queue a déjà pourri et est tombée, mais l'information met un temps infini à monter jusqu'à leur petite tête. Les empires s'accrochent jusqu'au bout à des simulacres, exactement comme l'Empire byzantin ou l'Empire ottoman en leur temps. Ils s'agrippent à ce "valise sans poignée" qu'est la Crimée (lourde à porter mais impossible à abandonner), y gaspillent toutes leurs ressources, et finissent par s'effondrer en leur cœur même.
Tout a commencé par la cupidité. C'est pour cela que sept empires ont crevé en Crimée, et l'Empire russe ne fera pas exception.
La géographie a décidé que la Crimée détruisait les empires, donc la Russie va forcément s'y effondrer. L'Ukraine moderne est l'héritière directe et légitime de la Rus' de Kyiv, qui contrôlait ou influençait cette zone bien avant que Moscou n'existe. La Crimée a toujours été connectée à l’espace historique de l’Ukraine moderne. La Russie s'est enfermée elle-même dans la cage de la Crimée, et qu'il ne reste plus qu'à attendre que le piège se referme.
Si l'Histoire a une "loi", la défaite de Poutine devient inévitable.
Par Alexandre Paliy, historien ukrainien, politologue