Drones intercepteurs : La réponse asymétrique à la menace des « Shahed »
Les attaques de drones kamikazes par la Russie ont connu une forte augmentation, avec un nombre d'incursions multiplié par plus de cinq. Les groupes mobiles dotés de mitrailleuses se révèlent souvent impuissants face aux modèles opérant jusqu’à sept kilomètres d’altitude et à des vitesses de 400 km/h, ou face aux drones à réaction comme le Geran-5 pouvant atteindre 600 à 650 km/h. De plus, le coût très élevé des missiles de défense antiaérienne fournis par l'Occident impose de trouver des alternatives financièrement viables et réactives.
Pour répondre à cette contrainte économique et tactique, au moins cinq modèles d'intercepteurs ukrainiens sont actuellement à l'essai ou en phase de déploiement opérationnel, sur une vingtaine de projets en cours d'élaboration :
Les intercepteurs adoptent diverses motorisations (turboréacteurs ou moteurs électriques), différentes méthodes de lancement et plusieurs profils de vitesse/altitude. Des modèles comme le « Starship B5 » intègrent jusqu’à 70 % de composants fabriqués en Ukraine. Avec un corps en plastique imprimé en 3D et un coût unitaire compris entre 1400 et 1920 euros, l'appareil est nettement moins coûteux que les drones qu'il abat. Bien que le concept semble paradoxal, certains modèles électriques atteignent 416 km/h en économisant leur batterie par un positionnement en attente sur la trajectoire estimée de la cible.
Pour contrecarrer le brouillage électronique adverse qui affecte les caméras des drones, l'IA et le pilote automatique permettent à l'appareil d'analyser, d'identifier la cible et d'exécuter la frappe de manière autonome. En cas d'interception manquée, certains drones légers peuvent être récupérés et réutilisés pour des missions ultérieures.
L'objectif de ces intercepteurs légers est de constituer une couche complémentaire aux systèmes antiaériens lourds afin de préserver les missiles d'interception coûteux pour les missiles de croisière ennemis. À terme, la capacité de production ukrainienne pour certains de ces modèles est estimée à plusieurs centaines d'unités par jour.
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Le missile balistique FP-7 : Une rupture stratégique dans les capacités de frappe
En parallèle de la défense du ciel, l'Ukraine franchit un cap avec le premier tir de combat de son missile balistique tactique FP-7, développé par la société FirePoint.
Caractéristiques tactiques du FP-7
Portée : Entre 200 et 250 km, mettant à portée tactique les zones occupées ainsi que des régions frontalières comme Koursk, Briansk, Belgorod et potentiellement Rostov sous certaines conditions.
Charge utile : Une ogive de 200 kg (nettement supérieure aux 75 kg embarqués par le drone de frappe « Liouty »).
Vitesse et pénétration : Capable de parcourir 200 km en 3 à 4 minutes, ce vecteur rend les délais de réaction très courts et l'interception particulièrement difficile pour la défense antiaérienne ennemie.
Perspectives technologiques : Vers la longue portée
Le succès du vecteur tactique FP-7 préfigure le développement du projet FP-9, un missile balistique de longue portée devant atteindre jusqu'à 900 km avec une ogive inférieure à une tonne. Les premiers essais en combat de ce modèle à longue portée sont annoncés pour la fin de l'automne.
L'association de drones intercepteurs intelligents à bas coût et le développement d'une filière nationale de missiles balistiques illustrent la mutation de l'industrie de défense ukrainienne. Cette dualité permet d'apporter une réponse asymétrique aux frappes saturantes tout en se dotant d'outils de riposte à haute vitesse et longue portée.
Denis Shtilerman, concepteur en chef de la société de défense ukrainienne Fire Point, a appelé les partenaires européens à accélérer nettement le rythme de leur collaboration afin de concrétiser le bouclier antiballistique paneuropéen FREYJA. Le projet est déjà présenté comme une alternative économique au système Patriot.