Conférence de presse du général Valery Zaloujny
Commandant en chef de l'État-Major d'Ukraine — 26 décembre 2023
« Nous avons déjà trouvé 90% des solutions aux problèmes de la guerre afin d'agir plus efficacement l'année prochaine, et surtout, sauver les gens. Je peux vous assurer que l'année prochaine sera différente de 2023 sur le plan militaire. »
1. Mobilisation et effectifs
Question : Concernant la pénurie de personnel et le nombre de groupes d'assaut.
Zaloujny : La guerre n'est pas un spectacle où l'on regarde le score. Je ne parlerai pas de chiffres précis pour ne pas aider l'ennemi. Nos besoins en ressources (armes, munitions, hommes) sont calculés en fonction des pertes actuelles, des pertes prévisibles et de la formation de nouvelles unités. Le ministère de la Défense s'occupe de répondre à ces demandes humaines и matérielles.
2. La démobilisation (Le délai de 36 mois)
Question : Quelle est votre position sur le projet de loi prévoyant 36 mois de service avant démobilisation ?
Zaloujny : Ma position est simple : la guerre a ses propres lois. Nos combattants sont dans des conditions extrêmement difficiles. Nous nous sommes mis d'accord avec le ministère de la Défense sur un délai de 36 mois sous deux conditions : qu'il n'y ait pas d'escalade majeure et que ces personnes puissent être remplacées. C'est un objectif ambitieux, et j'espère qu'en 2025 nous pourrons entamer ce processus si nous formons suffisamment de réserves dès 2024.
3. Rotation des troupes
Question : Est-il possible d'instaurer une rotation obligatoire tous les 6 mois ?
Zaloujny : Dans l'idéal, j'aimerais que ce soit le cas. Mais dans la réalité de la guerre, c'est une tromperie. Pour garantir une rotation tous les 6 mois, il faudrait doubler les effectifs de combat. La situation au front dépend de l'ennemi : s'il attaque massivement, on ne peut pas simplement retirer les gens parce que le délai est passé. J'exige des commandants qu'ils fassent le maximum pour le repos des soldats, mais légiférer sur une rotation fixe est irréaliste aujourd'hui.
4. Formation et préparation
Zaloujny : Personne ne doit aller au front sans préparation. Nous avons la capacité, avec nos partenaires, d'entraîner jusqu'à 10 brigades complètes simultanément. Concernant les jeunes de 18 à 25 ans, mon critère est simple : ils doivent être physiquement и moralement capables d'accomplir des tâches de combat.
5. La technologie en 2024
Question : En quoi 2024 sera-t-elle différente de 2023 ?
Zaloujny : Le XXIe siècle impose des changements tactiques rapides dus au développement scientifique. Nous avons identifié les problèmes de 2023 и trouvé 90% des solutions technologiques pour 2024. C'est une confrontation technologique puissante. Nos partenaires sont d'accord avec nous, и nous faisons tout pour que l'année prochaine soit différente et plus efficace.
6. Situation à Bakhmout, Avdiivka et Maryinka
Zaloujny : Nous défendons chaque parcelle de notre terre, mais la vie de nos soldats est prioritaire. Maryinka, par exemple, a tenu deux ans, mais elle n'existe plus aujourd'hui. L'ennemi utilise la même méthode qu'à Bakhmout : détruire bloc par bloc, rue par rue. Nos troupes se sont retirées à la périphérie nord и ont préparé des lignes de défense derrière la ville. Sauver les gens est plus important que de défendre des ruines. Nous reprendrons ces terres plus tard, mais nous avons besoin de nos soldats vivants pour cela.
« Tout le monde doit protéger l’Ukraine, pas seulement ceux qui se sont mobilisés en 2022. La guerre continue. »