La guerre mondiale de Poutine
Poutine estime qu’après avoir échoué à vaincre l’Ukraine en trois jours dans une guerre à grande échelle, le Kremlin a dépassé le point de non-retour dans ses relations avec l’Occident. Il n’y a pas de porte, Poutine ne peut que gagner triomphalement ou perdre de manière dévastatrice.
Il est convaincu que le retour de l'Ukraine et du reste des « terres russes historiques » et la restauration de l'empire ne sont possibles que dans le cadre d'une révision globale de l'ordre mondial et sa division par zones d'influences majeures. Une telle division peut durer 10 à 15 ans, accompagnée de conflits de différentes ampleurs et intensités, éventuellement avec l'utilisation d'armes nucléaires. En outre, la guerre contre l’Ukraine est actuellement perçue par le Kremlin comme un front important, mais pas unique, pour la Fédération de Russie, qui mène en réalité une guerre mondiale avec les États-Unis et l’Occident dans son ensemble.
Les quatre tâches de Poutine
Tâche 1 – Assurer la stabilité intérieure : Mobiliser la population et l'économie, augmenter la production d'armes et d'équipements militaires. En 2026, le volume de la production militaire de la Fédération de Russie devrait soutenir des opérations de combat à grande échelle et de haute intensité. Près de 40 % des dépenses budgétaires russes pour 2024 sont déjà consacrées à la guerre.
Tâche 2 – Former une coalition d'États alternative : Créer une « coalition de la majorité » (Global Sud+) pour promouvoir des modèles alternatifs à l'Occident. L'objectif est de briser la volonté de résistance de l'Occident, notamment en intensifiant le chantage nucléaire, pour convaincre les élites occidentales qu'elles doivent se retirer pacifiquement.
Tâche 3 – Préparation à une future agression : La priorité est accordée à la Moldavie et aux pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie). Moscou dénonce déjà l’oppression des russophones dans ces régions comme prétexte à de futures actions subversives.
Tâche 4 – Alimenter les conflits : Maintenir l'instabilité au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Un « corps expéditionnaire » est en cours de formation pour remplacer Wagner et limiter l'accès des Européens aux ressources naturelles (uranium, pétrole, gaz).
Le Front ukrainien de Poutine
La guerre est entrée dans une phase d’usure. Le Kremlin estime qu'il dispose de ressources suffisantes pour mener des hostilités sur une longue période, misant sur l’épuisement des ressources internes de l’Ukraine. La nouvelle stratégie de déstabilisation se concentre sur trois axes :
- Pression constante sur la ligne de front pour capturer des points politiquement importants (comme Avdiivka) ;
- Destruction des infrastructures critiques en hiver (centrales électriques, transport) pour réduire la qualité de vie ;
- Saper l'unité sociale en alimentant les ambitions politiques et en provoquant des tensions entre le gouvernement et l'armée.
L’Ukraine se bat pour sa liberté et pour celle de toutes les nations du monde. Les peuples libres vaincront les esclaves.