« L'incompréhension du présent
naît fatalement de l'ignorance du passé. »
Marc Bloch
Nous ne nous battons pas parce que nous haïssons ceux qui sont face à nous, mais parce que nous aimons ceux qui sont derrière nous»,
Roman Choukhevytch
Quelles ont été les pertes de l'Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale ? Et pourquoi la négation de ces pertes et de la contribution de l'Ukraine à la victoire sur le nazisme hitlérien a-t-elle permis à la Russie de Poutine de déclencher une guerre de grande ampleur ?
I. Chronologie de la guerre (1939 - 1945)
- 15 mars 1939 : Proclamation de l'indépendance de l'Ukraine subcarpatique. Elle est occupée par l’armée hongroise en quelques jours seulement.
- 23 août 1939 : Signature du pacte Molotov-Ribbentrop. L'Union soviétique et l'Allemagne nazie se partagent secrètement les sphères d'influence en Europe.
- 1 septembre 1939 : L'Allemagne attaque la Pologne, déclenchant la Seconde Guerre mondiale. Des milliers d'Ukrainiens se battent contre les nazis dans les rangs de l'armée polonaise.
- 17 septembre 1939 : L'URSS attaque la Pologne à son tour. Cette intervention militaire se solde par l'annexion de la Galicie et de la Volhynie (Ukraine occidentale) par l'URSS.
- 22 juin 1941 : Déclenchement de l'opération Barbarossa. L'Allemagne nazie attaque l'Union Soviétique.
- 22 juin 1942 : L'armée hitlérienne achève d'envahir la totalité du territoire de l'Ukraine.
- Novembre 1944 : Les nazis sont définitivement chassés du territoire ukrainien par l'Armée rouge.
- 8 mai 1945 : Capitulation sans condition de l'Allemagne nazie en Europe.
- 2 septembre 1945 : Capitulation du Japon et fin officielle de la Seconde Guerre mondiale.
- Jusqu’au milieu des années 1950/1960 : Poursuite du combat clandestin des résistants ukrainiens contre l'occupation et le régime soviétiques.
II. Le Pacte Molotov-Ribbentrop : Traduction du Protocole Additionnel Secret (23 août 1939)

Lors de la signature du traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des Républiques socialistes soviétiques, les représentants soussignés des deux parties ont discuté en termes strictement confidentiels de la question de la délimitation des zones d'intérêt mutuel en Europe de l'Est. Cette discussion a abouti au résultat suivant :
- États baltes : En cas de réorganisation territoriale et politique des régions faisant partie des États baltes (Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie), la frontière nord de la Lituanie constitue la limite des sphères d'intérêt respectives de l'Allemagne et de l'URSS. Les intérêts de la Lituanie dans la région de Vilna sont reconnus par les deux parties.
- Pologne : En cas de réorganisation territoriale et politique des régions faisant partie de l'État polonais, la frontière des sphères d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS suivra approximativement la ligne des rivières Nareva, Vistule et Syan. La question de savoir si le maintien d'un État polonais indépendant est souhaitable sera clarifiée ultérieurement, d'un accord mutuel amical.
- Sud-Est de l'Europe : La partie soviétique souligne l’intérêt de l’URSS pour la Bessarabie. La partie allemande déclare son désintérêt politique total pour cette zone.
- Confidentialité : Ce protocole doit rester strictement confidentiel par les deux parties.
Fait à Moscou, le 23 août 1939.

Défilé conjoint de la Wehrmacht et de l'Armée rouge à Brest, le 22 septembre 1939, après l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes et soviétiques. À la tribune (de gauche à droite) : le général de corps d'armée Moritz von Victorin, le général de Panzer Heinz Guderian et le brigadier soviétique Semyon Krivoshein.
Le 1er septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale a commencé avec l'attaque de la Pologne par l'Allemagne.
Cette attaque a lieu une semaine après la signature du pacte de non-agression entre l'Allemagne d'Hitler et l'URSS de Staline (et de son protocole secret, le pacte Molotov Ribbentrop).
Le 17 septembre 1939 l'URSS fait entrer ses troupes en Pologne, présentant cette agression comme un acte de réunification de l'Ukraine. La guerre fait rage sur le territoire ukrainien jusqu'à la fin du mois d'octobre 1944. Quelles ont été les pertes de l'Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale ? Et pourquoi la négation de ces pertes et de la contribution de l'Ukraine à la victoire sur le nazisme hitlérien a-t-elle permis à la Russie de Poutine de déclencher une guerre de grande ampleur ?
III. 1941 - 1943 : L'Invasion allemande, l'illusion de l’indépendance pour l’Ukraine et la naissance de l'UPA
1942 : Le tournant de la résistance et la naissance de l'UPA
Début 1942 : Face à la brutalité des réquisitions, au travail forcé (Ostarbeiter) et à l'extermination des Juifs d'Ukraine, le ressentiment grandit. Les premiers groupes armés de résistance ukrainienne se forment de manière dispersée en Volhynie pour défendre les populations locales contre les exactions allemandes.
14 octobre 1942, l’Événement clé: Date symbolique de la création de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Fixée le jour de la fête religieuse de la Pokrova (Protection de la Mère de Dieu), cette date marque l'unification progressive des différents détachements de résistants ukrainiens sous l'égide de l'OUN-B. L'UPA choisit de mener une lutte armée clandestine sur deux fronts : contre les occupants allemands et contre les partisans soviétiques.
L'OUN-B : Une résistance nationale face à la triple domination
L’OUN-B (l’Organisation des nationalistes résistants ukrainiens, faction dirigée par Stepan Bandera) a fait l’objet d’une diabolisation systématique de la part des autorités soviétiques, au même titre que ses principaux leaders. Pourtant, loin de l'idéologie purement chauviniste que la propagande de Moscou lui attribue, cette organisation avait pour objectif premier la survie de la nation ukrainienne au milieu d'une triple domination oppressante :
- L'occupation de l'Allemagne nazie, qui refusait toute souveraineté ukrainienne et exploitait le territoire ;
- Le régime totalitaire de l'URSS, qui cherchait à annihiler l'identité nationale et politique du pays ;
- La domination de la Pologne sur les territoires de l'Ukraine occidentale durant l'entre-deux-guerres.
Dans ces conditions d'extrême survie, l'OUN-B s'est structurée comme le principal bouclier clandestin face aux puissances impériales qui se disputaient et déchiraient la terre ukrainienne.
1943 : L'escalade des conflits et le retour des Soviétiques
Février 1943 : L'UPA lance des opérations de guérilla de grande envergure contre les garnisons et les lignes de ravitaillement allemandes en Volhynie et Poléssie.
Printemps - Été 1943 : Tragédie de Volhynie. Le consensus historique moderne décrit une tragédie à plusieurs niveaux : des tensions ethniques réelles, les opérations de la résistance contre les occupants allemands et soviétiques menés par l'UPA, et l’instrumentalisation cynique de cette situation par NKVD pour discréditer l’UPA et liquider toute aspiration à une Ukraine indépendante.
Novembre 1943 : Roman Choukhévytch prend le commandement suprême de l'UPA. Les forces soviétiques reprennent Kyiv. L'UPA réorganise sa stratégie pour faire face au retour imminent de l'Armée rouge et des structures de sécurité soviétiques (NKVD).
IV. La tragédie de Volhynie (1943-1944) et la manipulation mémorielle

L’UPA et la tragédie de Volhynie (1943-1944) : Histoire et enjeux mémoriels
Le rôle de l’Armée de la resistance ukrainienne (UPA) dans la tragédie de Volhynie constitue l’une des manipulations mémorielles les plus cyniques de l'histoire moderne, entraînant des conséquences qui comptent parmi les plus douloureuses pour l’Europe de l'Est. Pour le public occidental, cet épisode exige une analyse historienne stricte, à l'abri des instrumentalisations politiques.
1. L'asymétrie de la recherche académique
L'avance polonaise : Bien que soumise au joug soviétique, la Pologne a préservé son institution étatique et sa conscience nationale. Ses historiens ont pu activement étudier ce drame dès la fin des années 1980 et recueillir de nombreux témoignages.
Le retard forcé de l'Ukraine : Privée de son indépendance et confrontée à l'interdiction soviétique d'enquêter, l'Ukraine n'a ouvert ses archives qu'en 2015. Aujourd'hui, un corpus universitaire ukrainien substantiel émerge enfin pour analyser la question sous de multiples angles.
2. Divergences des positions officielles et expertises
La position polonaise : En 2016, la Pologne a officiellement qualifié la tragédie de « génocide des Polonais commis par les nationalistes ukrainiens », imputant la responsabilité exclusive à l'UPA.
La perspective des historiens ukrainiens : Ils soutiennent que la culpabilité est partagée. Les chercheurs soulignent également que des provocations ciblées ont été orchestrées par le NKVD soviétique (unités infiltrées et déguisées en UPA) pour attiser le conflit.
3. Justice historique et criminalité
L'approche ukrainienne actuelle est guidée par une distinction claire :
Tout crime avéré commis par un insurgé ukrainien est condamné sans équivoque. Cependant, les exactions commises par des brigands ou des pillards utilisant des slogans patriotiques ne doivent pas être attribuées à la résistance de l'UPA. Cette zone d'ombre impose des recherches documentaires et des exhumations rigoureuses.
4. La manipulation mémoriale soviétique
Après avoir partiellement ouvert les dossiers pénaux à la Pologne dans les années 1950 — tout en exécutant les Ukrainiens impliqués —, le régime soviétique a méthodiquement effacé la mémoire du drame en rasant les tombes, les cimetières et les églises catholiques.
La manipulation de l'histoire par le NKVD ou le KGB pour diaboliser la résistance ukrainienne est un fait historique largement documenté.
Moscou a effectivement massivement utilisé la désinformation, de faux procès et des opérations de provocation pour discréditer l'OUN et l'UPA aux yeux de l'Occident et des populations locales.
Cependant, concernant les massacres de Volhynie en 1943, la réalité historique établie par les commissions d'historiens indépendants (notamment les recherches conjointes ukraino-polonaises après la chute de l'URSS) est très complexe.
Les archives et les historiens, y compris l'Institut ukrainien de la mémoire nationale, mettent en lumière les details suivants :
Le rôle avéré des provocations du NKVD
- Le NKVD a créé des unités spéciales déguisées en combattants de l'UPA (les "groupes d'agents de combat" ou Agenturno-boyovi hrupy).
Des milliers d'agents soviétiques ont opéré en Ukraine occidentale, commettant des exactions sous fausse bannière pour retourner la population civile contre les nationalistes et attiser la haine entre Polonais et Ukrainiens.
De même, l'appareil de propagande soviétique a fabriqué de fausses preuves d'une alliance organique entre l'UPA et la Gestapo lors de procès théâtraux à l'époque de Khrouchtchev, occultant le fait que les nazis avaient emprisonné Bandera et combattu l'UPA. - C’était un mécanisme éprouvé du NKVD : identifier le moindre point d'ancrage dans les faits réels, déceler la faille chez l'adversaire, et s'en servir comme levier pour monter une opération spéciale. Mais avant de passer à l'examen de ce mécanisme, il est essentiel de restituer le contexte dans lequel s'inscrivent ces événements.
Malgré ces provocations soviétiques indéniables, les historiens s'accordent à dire que le NKVD n'a pas inventé le conflit de Volhynie à lui seul. Les tensions ethniques et foncières entre Polonais et Ukrainiens couvaient depuis les années 1920-1930 (en raison de la politique de ma Pacification, c’est-à-dire la polonisation forcée et de la colonisation de terres en Ukraine occidentale).
Point d'ancrage : En 1943, dans un contexte de vide de pouvoir laissé par le recul allemand, certaines commandants locaux de l’UPA, notamment Dmytro Klyachkivsky (connu sous le nom de Klym Savur), ont ordonné des opérations d'expulsion forcée des populations polonaises de Volhynie pour s'assurer que ces territoires resteraient ukrainiens lors des futures négociations de paix d'après-guerre. Le NKVD a immédiatement sauté sur l'occasion pour souffler sur les braises. Les Soviétiques ont profité de la dérive violente du conflit pour s'infiltrer, exacerber les tueries, pousser les Polonais dans les bras des partisans soviétiques et détruire la réputation de l'UPA. Ces actions de provocation ont débouché sur des massacres à grande échelle de civils.
Les victimes : L'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) ainsi que les historiens polonais Władysław et Ewa Siemaszko avancent le chiffre de 100 000 morts, une estimation qui résonne le plus fréquemment dans la sphère officielle. Néanmoins, les sources documentaires n'ont permis de confirmer qu'environ 30 000 victimes. De leur côté, les chercheurs ukrainiens évaluent les pertes polonaises entre 38 000 et 39 000 personnes. Quant au nombre d'Ukrainiens tués, le consensus fait également défaut, bien que les chercheurs nationaux avancent une fourchette située entre 12 000 et 20 000 morts ukrainiens, selon la publication https://www.ukrainer.net/volynska-trahediia/.
1944 - 1945 : La réoccupation soviétique et l'agonie du Reich
- Juillet 1944 : Création du Conseil suprême de libération de l'Ukraine (UHVR) pour donner une façade politique et plus inclusive à la résistance de l'UPA.
- Octobre 1944 : La totalité du territoire ukrainien est reprise par l'Armée rouge. Les Allemands évacuent la région.
- Mai 1945 : Capitulation de l'Allemagne. La Seconde Guerre mondiale se termine en Europe, mais en Ukraine occidentale, la guerre de guérilla de l'UPA contre le régime soviétique se poursuit de manière clandestine et intense jusqu’au milieu des années 1950.
Note historique : L'évaluation de cette période reste l'une des plus complexes de l'histoire européenne. L'OUN et l'UPA ont navigué entre une résistance tactique initiale avec l'Allemagne (fondée sur une idée anti-communiste radicale) et une guerre de résistance féroce contre cette même Allemagne dès lors que le projet d'indépendance a été balayé par Berlin.
Il est important de noter
Mouvement de resistance ukrainien OUN-UPA
Objective principale : acquérir l'indépendance de l'Ukraine
- L'armée ukrainienne de la résistance (UPA) a combattu sur le territoire de 12 régions d'Ukraine
- La résistance ukrainienne opérait dans toute l'Ukraine, inclu en Crimée
- Environ 100 000 militaires sont passés par les rangs de l’UPA
- En 1944, la superficie totale du territoire couvert par les activités de l'UPA s'élevait à près de 150 000 kilomètres carrés, avec une population d'environ 15 millions d'habitants.
V. Tactiques et répression soviétiques (1944-1960)
Échec des offensives frontales : Début 1944, les tentatives de l'Armée rouge pour détruire l'UPA par des batailles de grande envergure échouent. Mal préparés, sans renseignements et sous-estimant la structure rigide de l'UPA, les soldats soviétiques subissent de plus une forte démoralisation.
Changement de tactique et recours au NKVD : Moscou déploie des forces spéciales du NKVD, mieux entraînées, et engage des divisions de tirailleurs et de cavalerie. Des batailles majeures ont lieu (comme en avril 1944).
Guerre clandestine et provocations : Le NKVD utilise des méthodes d'infiltration et de sabotage : création de fausses unités de l'UPA (groupes spéciaux du NKVD pour commettre des exactions sous fausse bannière), empoisonnement de médicaments et propagation de maladies.
Faux amnisties : Entre 1944 et 1949, les autorités soviétiques publient sept appels à la reddition en promettant le pardon. Les insurgés qui se rendent sont d'abord contraints de combattre l'UPA, avant d'être jugés et déportés vers le Goulag.
Volet religieux (Liquidation de l'UGKC) : Pour briser le soutien national et culturel, le régime stalinien liquide l'Église gréco-catholique ukrainienne après la mort du métropolite Sheptytsky (fin 1944), en la diabolisant comme un « outil du nationalisme bourgeois ».
La fin de l'UPA : Roman Choukhévytch ordonne la dissolution des unités régulières en octobre 1949 pour passer à un maquis totalement fragmenté. Traqué, Choukhévytch meurt les armes à la main le 5 mars 1950 près de Lviv face à des centaines d'agents du NKVD. Le dernier commandant, Vassyl Kouk, est arrêté en 1954. Le tout dernier combat isolé de l'UPA est recensé le 14 avril 1960 dans la région de Ternopil.
L'opération Vistule (Visla)
L'opération Vistule (avril – octobre 1947) est une campagne de déportation forcée et massive de la population ukrainienne vivant dans les régions frontalières du sud-est de la Pologne.
- L'objectif : Priver l'UPA de son soutien logistique et populaire en vidant la région de ses habitants ukrainiens, réinstallés de force et dispersés dans le nord et l'ouest de la Pologne.
- L'impact sur l'UPA : Privée de base arrière, l'armée insurrectionnelle est brisée. Dès l'été 1947, ses combattants évacuent la zone : certains rejoignent l'Ukraine soviétique, tandis qu'environ 400 hommes réussissent à percer jusqu'aux zones d'occupation américaine en Allemagne et en Autriche.
- Le bilan (1944-1947) : Dans cette zone polonaise, le conflit fait 4 000 morts côté ukrainien (dont 1 500 combattants de l'UPA) et 2 196 morts côté polonais (militaires, miliciens et civils).
La répression soviétique en Ukraine : L'opération Zapad (Ouest)
Parallèlement à l'action polonaise, le régime stalinien applique en Ukraine occidentale des méthodes de responsabilité collective pour briser la rébellion :
L'opération Zapad (21 octobre 1947) : En une seule journée (et parfois en à peine 10 heures selon les régions), les services secrets soviétiques déportent 76 192 personnes (26 644 familles de «nationalistes ») vers l'intérieur de l'URSS (Sibérie). Cette terreur sert aussi de prélude à la collectivisation forcée des terres (1948-1950).
Vagues successives : Les déportations de civils soupçonnés d'aider le maquis se poursuivent chaque année. Entre 1949 et 1952, près de 90 000 personnes supplémentaires sont envoyées en exil.
Le démantèlement et la fin de l'UPA
Soutien occidental : À partir de 1946-1948, le mouvement clandestin coopère avec les services secrets britanniques et la CIA américaine (opération Aerodynamic).
La mort des leaders : Le NKVD/MGB cible prioritairement les chefs. Dmytro Klyachkivsky est éliminé dès 1945. Le coup d'arrêt majeur a lieu le 5 mars 1950 avec la mort au combat du commandant en chef de l'UPA, Roman Choukhévytch.
Dissolution officielle (3 octobre 1949) : Choukhévytch ordonne la démobilisation des dernières unités régulières. Les combattants restants se fondent dans la clandestinité armée. Le dernier commandant, Vassyl Kouk, est arrêté en 1954. Les derniers groupes résistent jusqu'en 1956, et un ultime combat isolé est recensé en avril 1960.
Épilogue à l'étranger : En exil, des anciens de l'UPA forment des bataillons de volontaires pour soutenir l'insurrection de Budapest en 1956 contre l'URSS. En octobre 1959, Stepan Bandera est assassiné à Munich par un tueur du KGB sur ordre de Khrouchtchev.
Bilan de la guerre de guérilla en Ukraine occidentale (1944-1950)
- Côté Résistance / Civils Ukrainiens : 155 108 insurgés tués ; 134 000 prisonniers ; 103866 civils arrêtés ; 203 000 civils déportés en Sibérie.
- Côté forces de répression soviétiques : Entre 30 676 et 35 000 soldats du NKVD, agents du KGB et fonctionnaires communistes tués par l'UPA.
Après 1960
- 14 avril 1960 : Le dernier combat d'un détachement de l'UPA a eu lieu dans la région de Ternopil.
- 1967 : Tentative de capture du combattant de l'UPA, Iouriy Mykhaïletskyï, dans le village de Roukomych (région de Ternopil). Ce dernier a péri dans les flammes.
- 12 juillet 1989 : Dernière exécution d'un soldat de l'UPA, Ivan Hontcharouk.
- 1er décembre 1991 : Illia Oberychyn, un combattant de l'UPA qui se cachait depuis plus de 40 ans sans jamais avoir été capturé par les services secrets soviétiques, sort de la clandestinité.
VI. Les trois figures majeures de la résistance ukrainienne

Stepan Bandera (1909-1959) : Symbole politique de la résistance. Diabolisé comme «nazi » par la propagande soviétique et le Kremlin actuel, il a pourtant passé la majeure partie de la guerre emprisonné par les nazis à Sachsenhausen. Des archives déclassifiées du KGB prouvent que les services soviétiques ont fabriqué de faux témoignages pour l'accuser d'antisémitisme. Il a été assassiné par le KGB à Munich en 1959.
Stepan Bandera est un symbole diabolisé de la résistance ukrainienne
Le parcours de Stepan Bandera (1909-1959) et de l’Armée de la résistance ukrainienne (UPA) fait l'objet d'une intense guerre de l'information. Diabolisés par la propagande soviétique puis par le Kremlin actuel sous l'étiquette de « nazis », ils incarnent pourtant, pour de nombreux Ukrainiens, une résistance farouche pour l'indépendance nationale.
Genèse de l'OUN : Une réponse à l'oppression polonaise
Né en Galicie, Bandera grandit sous une domination polonaise marquée par une politique d'assimilation forcée et de violentes répressions anti-ukrainiennes (fermeture d'écoles, interdiction de la langue, tortures). Face à ce contexte et à l'échec d'un État ukrainien après le traité de Riga (1921), l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) voit le jour en 1929. L’OUN ne prône pas un nationalisme chauvin, mais s'érige en mouvement de libération face à l'oppression des puissances limitrophes (Pologne et U.R.S.S.). Sous la direction de Bandera, le mouvement recourt au sabotage et aux actions radicales. La brutale politique de « pacification » menée par Varsovie en 1930 radicalisera définitivement les tensions polono-ukrainiennes.
L'assassinat du ministre Bronisław Pieracki (1934) : C'est l'événement déclencheur de sa longue incarcération. En juin 1934, Bandera ordonne et organise l'assassinat du ministre polonais de l'Intérieur, Bronisław Pieracki. Ce dernier incarnait la politique de fermeté et de "pacification" menée par la Pologne contre la minorité ukrainienne.
Sa condamnation pour terrorisme (1935-1936) : Arrêté à Lviv juste avant l'attentat, Bandera est jugé à Varsovie puis lors d'un procès général des dirigeants de l'OUN. Reconnu coupable de terrorisme et de haute trahison envers l'État polonais, il est initialement condamné à la peine de mort. Sa peine est ensuite commuée en prison à perpétuité.
Des arrestations antérieures répétées : Avant ce grand procès, Bandera avait déjà été arrêté à de multiples reprises par la police polonaise (notamment entre 1928 et 1933) pour avoir organisé des manifestations interdites, distribué de la propagande nationaliste illégale ou pour des soupçons de complicité dans d'autres sabotages (attaques de bureaux de poste, boycotts des monopoles polonais d'alcool et de tabac).
Bandera est resté incarcéré dans plusieurs prisons polonaises de haute sécurité (comme la prison de Brest) de juin 1934 jusqu'en septembre 1939. Il a finalement été libéré à la faveur du chaos provoqué par l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie au début de la Seconde Guerre mondiale.
Le piège de la Seconde Guerre mondiale et l'occupation bicéphale
En septembre 1939, l'Allemagne nazie et l'U.R.S.S. démantèlent conjointement la Pologne. Echapé de prison resté sans surveillance, Bandera assiste à l'instauration de la « terreur rouge » soviétique en Ukraine occidentale. Le 22 juin 1941, la guerre germano-soviétique éclate. L'OUN, espérant restaurer la souveraineté ukrainienne, transmet des mémorandums aux hauts responsables allemands, tout en exprimant une profonde défiance envers Berlin. Dès la proclamation de l'indépendance de l'Ukraine le 30 juin 1941, la réaction nazie est immédiate : Bandera et la direction de l'OUN sont arrêtés par la Gestapo et internés au camp de concentration de Sachsenhausen. L'UPA poursuivra seule un combat sur deux fronts : contre l'occupant nazi, puis contre le régime stalinien jusqu'au début des années 1960.
La déconstruction du mythe des pogroms de Lviv
Les pogroms de Lviv (juillet 1941) sont historiquement instrumentalisés pour accuser Bandera d'antisémitisme. Pourtant, les faits et les documents déclassifiés démontrent :
- Une absence de responsabilité directe : Bandera était déjà arrêté par les Allemands au moment des faits ; il n'a pu ni planifier ni ordonner ces exactions.
- Une manipulation nazie : Les forces allemandes ont sciemment orchestré les violences en utilisant la découverte des massacres de prisonniers commis par le NKVD pour détourner la fureur populaire vers la population juive.
- Une falsification mémorielle : Des archives déclassifiées du KGB (1960) prouvent la fabrication de faux témoignages par les services soviétiques pour discréditer le mouvement nationaliste ukrainien.
L'instrumentalisation contemporaine par le Kremlin
Aujourd'hui, l'acharnement de la Russie à maintenir le mythe d'une Ukraine « nazie » ou « bandériste » sert de justification idéologique à son agression. Cette rhétorique paradoxale — qualifiant les résistants de « fascistes » à l'international, et de « judéo-bandéristes » en interne — vise uniquement à détruire l'esprit de résilience ukrainien, dont Bandera demeure un symbole historique.

Andriy Melnyk (1890-1964) : Chef de la faction modérée et diplomatique (OUN-M). Vétéran et légaliste, il tente une approche stratégique mais se heurte rapidement à la réalité du Troisième Reich. Ses militants sont massivement exécutés par les nazis (notamment au ravin de Babyn Yar à Kyiv). Arrêté par la Gestapo en 1944, il fonde en exil le Congrès mondial des Ukrainiens libres.
Andriy Melnyk, le rival légaliste et la scission de la résistance ukrainienne.
Si Stepan Bandera incarne l'aile radicale et insurrectionnelle du mouvement national, Andriy Melnyk (1890-1964) en représente la faction conservatrice, militaire et diplomatique. Souvent éclipsé par son rival dans la mémoire collective, Melnyk a pourtant dirigé l'OUN officielle, avant que les dynamiques de la Seconde Guerre mondiale et la propagande soviétique ne viennent complexifier son héritage.
Officier décoré de l'armée austro-hongroise puis de la République populaire ukrainienne (UNR) après la Première Guerre mondiale.
Contrairement à la jeune génération de Bandera, Melnyk est un vétéran aguerri. Officier décoré de l'armée austro-hongroise puis de la République populaire ukrainienne (UNR) après la Première Guerre mondiale, il subit lui aussi les geôles polonaises dans les années 1920. Ingénieur forestier de formation, doté d'un tempérament calme et légaliste, il est un proche collaborateur d'Evhen Konovalets, le fondateur de l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN). Après l'assassinat de ce dernier par le NKVD à Rotterdam en 1938, Melnyk est naturellement choisi pour prendre la tête de l'OUN. Son profil, plus modéré et tourné vers la diplomatie internationale, séduit les cadres plus âgés et l'émigration ukrainienne.
La fracture : OUN-M contre OUN-B
L'année 1940 marque un tournant tragique pour le mouvement de libération avec la scission de l'OUN en deux factions rivales :
- L'OUN-M (Melnykistes) : Dirigée par Melnyk, elle prône une approche prudente et stratégique. Face au rouleau compresseur soviétique, Melnyk estime qu'une alliance tactique temporaire avec l'Allemagne (considérée comme la seule puissance capable de détruire l'U.R.S.S.) est un mal nécessaire pour rebâtir les structures d'un État.
- L'OUN-B (Bandéristes) : Menée par Bandera, cette faction, plus jeune et basée sur le terrain en Ukraine occidentale, rejette l'autorité des anciens et exige une action révolutionnaire immédiate et sans compromis.
Cette rupture idéologique et générationnelle affaiblira considérablement la résistance ukrainienne, les deux branches s'affrontant parfois violemment sur le terrain.
L'illusion allemande et la répression nazie
- À l'aube de l'invasion de l'U.R.S.S. en juin 1941, Melnyk mise sur la création de "comités nationaux" et de corps de volontaires pour poser les bases d'une armée ukrainienne. Cependant, tout comme Bandera, il se heurte immédiatement à la réalité de l'idéologie raciale et impérialiste du Troisième Reich, qui refuse catégoriquement toute idée d'une Ukraine indépendante.
- Lorsque les melnykistes tentent d'installer une administration ukrainienne à Kyïv fin 1941, les nazis réagissent par des vagues d'arrestations et d'exécutions massives (notamment au ravin de Babyn Yar, où de nombreux militants de l'OUN-M, dont la poétesse Olena Teliha, sont fusillés). En 1944, constatant son opposition irréconciliable avec les plans du Reich, la Gestapo arrête Andriy Melnyk. Il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen, ironiquement dans le même bloc de prisonniers que son rival, Stepan Bandera.
L'après-guerre : la voix de l'émigration
- Libéré à la fin de la guerre, Melnyk refuse de capituler face à l'occupation soviétique de son pays. Installé au Luxembourg, il consacre le reste de sa vie à unifier la diaspora ukrainienne à travers le monde. En 1957, il propose la création du Congrès mondial des Ukrainiens libres, une organisation internationale visant à maintenir vivante la cause de l'indépendance de l'Ukraine auprès des démocraties occidentales. Ce Congrès existe toujours et représente une union des ukrainiens du monde.
- Tout comme pour Bandera, l'historiographie soviétique a méthodiquement amalgamé la branche de Melnyk au fascisme pour délégitimer toute aspiration nationale ukrainienne, occultant le fait qu'il fut, lui aussi, un prisonnier des nazis et un opposant farouche au totalitarisme.

Roman Choukhévytch (1907-1950) : Chef militaire suprême et commandant en chef de l'UPA. Génie de l'organisation clandestine, il a structuré l'UPA en une armée moderne et élargi sa base politique en créant le Conseil suprême de libération de l'Ukraine (UHVR), unissant toutes les forces démocratiques et antifascistes du pays. Il s'est donné la mort en 1950 pour ne pas être capturé vivant.
Roman Choukhevytch, le chef militaire suprême de la résistance ukrainienne, commandant en chef de l’Armée de la résistance ukrainienne (UPA), le stratège militaire de la clandestinité ukrainienne.
Si Stepan Bandera fut le symbole politique de la résistance et Andriy Melnyk son aile diplomatique, Roman Choukhevytch (1907-1950) en fut le bras armé et le génie organisationnel. En tant que commandant en chef de l’UPA, il a structuré une force clandestine d'une efficacité redoutable, devenant la cible prioritaire des services secrets soviétiques.
Du militantisme à la formation militaire
Né en Galicie dans une famille d'intellectuels engagés, Choukhevytch rejoint dès sa jeunesse les mouvements nationalistes (l'UVO puis l'OUN). Athlète accompli et ingénieur de formation, il possède également un solide bagage militaire. Face à la répression polonaise de l'entre-deux-guerres, il participe à des actions de sabotage et subit la prison. Au début de la Seconde Guerre mondiale, convaincu que la libération de l’Ukraine nécessite des officiers formés, il intègre le bataillon « Nachtigall », une unité de volontaires ukrainiens encadrée par l'armée allemande. Cependant, l'illusion d'une collaboration avec l'Allemagne se brise dès juillet 1941, lorsque les nazis rejettent la proclamation d'indépendance de l'Ukraine et arrêtent la direction politique de l'OUN. Le bataillon est rapidement dissous et ses officiers, dont Choukhevytch, entrent en rébellion ouverte contre le Reich.
Le bâtisseur et commandant en chef de l'UPA
En 1943, Choukhevytch prend le commandement suprême de l'UPA sous le nom de guerre de Tarass Tchouprynka. Sous son impulsion, l'UPA se transforme en une véritable armée de partisans, hautement structurée, dotée d'un service de santé, d'une logistique propre et d'écoles d'officiers. Choukhevytch opère un virage stratégique majeur : il élargit la base politique du mouvement en créant le Conseil suprême de libération de l'Ukraine (UHVR), une sorte de gouvernement clandestin visant à unir toutes les forces démocratiques et antifascistes du pays, au-delà du seul cercle des nationalistes. Il mène alors une guerre d'usure féroce sur deux fronts : contre la machine de guerre nazie et contre les partisans soviétiques.
La résistance acharnée contre le totalitarisme stalinien
Après le retrait allemand, Choukhevytch refuse de cesser le combat face au retour de l'Armée rouge. Conscient de l'asymétrie des forces, il adapte la tactique de l'UPA, la fragmentant en petites unités mobiles hautement camouflées dans les forêts et les villages d'Ukraine occidentale. Pendant plus de cinq ans, son armée clandestine tient tête aux troupes d'élite du NKVD, malgré les déportations massives de civils ukrainiens orchestrées par Moscou pour couper les insurgés de leur soutien populaire. Choukhevytch lui-même vit traqué dans la clandestinité absolue, changeant constamment de cachette, tout en continuant à diriger les opérations militaires et la propagande anti-soviétique.
Une fin héroïque et la diabolisation mémorielle
Le 5 mars 1950, suite à une trahison, sa cachette dans le village de Bilohorchtcha (près de Lviv) est encerclée par des centaines d'agents du NKVD. Refusant catégoriquement de se rendre vivant à l'ennemi et de subir les tortures staliniennes, Roman Choukhevytch se donne la mort lors de l'assaut final. Craint par le régime même après son trépas, son corps est transporté en secret et jeté dans un fleuve pour empêcher que sa tombe ne devienne un lieu de pèlerinage.
Aujourd'hui, l'historiographie russe s'acharne à dépeindre Choukhevytch uniquement sous l'angle de son éphémère passage en uniforme allemand au début de la guerre, dissimulant le fait qu'il a combattu le nazisme et qu'il a sacrifié sa vie contre le totalitarisme soviétique. Pour l'Ukraine moderne, il demeure le stratège ultime qui a prouvé qu'une armée de partisans pouvait résister des années durant à l'un des empires les plus puissants du monde.
Statut actuel de l’UPA
Au niveau de l'État, les combattants de l'UPA sont officiellement reconnus comme des combattants pour l'indépendance de l'Ukraine (depuis 2015) et ont le statut de vétérans de guerre, avec les avantages sociaux correspondants (depuis 2018)
L'histoire de l'UPA est l'histoire de soldats ukrainiens intrépides qui inspirent l'armée ukrainienne d'aujourd'hui. Notre tâche actuelle est de rendre à l'UPA l'honneur qui lui a été retiré, tout comme l'histoire de l'Ukraine lui a été dérobée.

VII. Le bilan humain et la contribution de l'Ukraine à la victoire
1. Les pertes de l'Ukraine (1939-1945)
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, l'Ukraine a subi des pertes matérielles représentant plus de 45 % des dommages subis par l'ensemble de l'URSS.
Les historiens en sont encore à compter les pertes de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des chercheurs s'accordent sur les chiffres suivants:
Les pertes humaines totales sur le territoire de l'Ukraine entre 1939 et 1945, y compris les militaires et les civils, sont estimées à 8-10 millions de personnes.

D'une manière générale, de 1941 à 1945, la population de l'Ukraine est passée de près de 41 millions à 27 millions d'habitants, en comptant ceux qui sont morts aux mains des deux régimes, qui ont été contraints au travail forcé, réprimés ou déportés.
Près de 700 villes et 28 000 villages ukrainiens ont été détruits, 550 entreprises industrielles et d'innombrables trésors historiques ont été emportés.
Quelle a été la contribution des Ukrainiens à la victoire sur le nazisme ?
Le nombre total de personnes mobilisées sur le territoire ukrainien pour l'Armée rouge pendant la guerre s'élevait à environ 7 millions.
Une personne sur deux est décédée, et un survivant sur deux est revenu handicapé.

Outre l'Armée rouge, les immigrés ukrainiens ont combattu dans les armées polonaise (120 000), américaine (80 000), canadienne (45 000) et française (6 000).
Des centaines de milliers d'Ukrainiens ont combattu les nazis dans les rangs des partisans et des insurgés.
Sept Ukrainiens ont été commandants du front et de l'armée, et 200 ont été généraux.
Les Ukrainiens dans l'Armée rouge :

Plus de deux mille Ukrainiens ont reçu la plus haute mérite de l'URSS, le titre de Héros de l'Union soviétique, pour leur héroïsme au cours des combats.
En 1944, un soldat sur trois de l'Armée rouge était originaire ukrainiens.
Dans les unités et formations d'infanterie des 1er et 4e fronts ukrainiens, les Ukrainiens représentaient 60 à 80 % des effectifs.
Perte de l'armée allemande dans la deuxième guerre mondiale en raison des actions des partisans ukrainiens
Pendant l'occupation nazie, les partisans ukrainiens et les soldats de l’UPA (l'armée ukrainienne de la résistance) ont combattu les nazis à l'arrière :
461 entreprises militaires
915 stocks
248 nœuds de communication
1566 chars et véhicules blindés
607 ponts ferroviaires
211 avions
500 mille soldats et officiers
4959 échelons ferroviaires
Ni Staline ni Poutine n'ont reconnu la contribution de l'Ukraine à la victoire sur le nazisme :
- Le 24 mai 1945, lors d'une réception au Kremlin à l'occasion de la capitulation de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, Joseph Staline a porté un toast : « Je bois, tout d'abord, à la santé du peuple russe parce qu'il est la nation la plus remarquable... »
- Le 19 décembre 2010, Vladimir Poutine, alors Premier ministre de la Russie, a déclaré lors d'une conférence de presse : « Nous aurions gagné la guerre de toute façon. Parce que nous sommes un peuple de vainqueurs... »
- La Russie de Poutine a privatisé la victoire sur le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale et l'a transformée en un moyen de promouvoir ses nouveaux plans d'agression impériaux.
Depuis des décennies, le président russe Vladimir Poutine et la propagande du Kremlin détruisent délibérément la mémoire de la contribution de l'Ukraine et de la coalition anti-hitlérienne à la victoire sur le nazisme.
C'est devenu le prétexte pour que le Kremlin qualifie les Ukrainiens de fascistes et lance une guerre contre l'Ukraine en 2014.
Fin février 2014, la Russie a annexé la Crimée et, au début du printemps, elle a lancé l'opération spéciale « Printemps russe » dans l'est et le sud de l'Ukraine.
Des boeviks entraînés par la Russie ont réussi à s'emparer des autorités de l'État à Louhansk et Donetsk, ce qui a provoqué un conflit armé dans le Donbass.
Le 24 février 2022, la Russie a lancé des opérations militaires de grande envergure sur toute la longueur de sa frontière commune avec l'Ukraine, en utilisant tous les types d'armes à sa disposition. Le Kremlin ne cesse d'évoquer la possibilité d'une frappe nucléaire contre l'Ukraine.
- Outre l'assaut mené depuis des mois contre les positions des forces de défense ukrainiennes, l'armée russe bombarde quotidiennement les infrastructures civiles et les bâtiments résidentiels dans les villes et villages ukrainiens.
- Les descendants de ceux qui ont combattu le nazisme hitlérien pendant la Seconde Guerre mondiale sont tués par l'armée russe.
- Le 2 mai 2023, la Verkhovna Rada d'Ukraine a adopté une déclaration « sur la définition du régime politique existant dans la Fédération de Russie comme étant le Rachisme (Russian fascism) et la condamnation de ses principes idéologiques et de ses pratiques sociales comme étant totalitaires et misanthropes.
Aujourd'hui, les combattants de l'UPA sont officiellement reconnus par l'État ukrainien comme des combattants pour l'indépendance (loi de 2015) et ont le statut officiel de vétérans de guerre (loi de 2018).