Voici les dix points fondamentaux qui constituent désormais la feuille de route diplomatique ukrainienne.
1. La souveraineté comme base non négociable
L'Ukraine ne brade pas sa qualité d'État en échange d'un cessez-le-feu. Tout accord doit reposer sur le rétablissement complet de la souveraineté nationale. Le texte énonce très clairement :
« La souveraineté de l'Ukraine n'est pas et ne peut pas être un objet de compromis. Nous ne cherchons pas la paix à tout prix. Nous cherchons une paix qui respecte notre droit à être maîtres de notre propre terre. Aucune "zone grise" ni souveraineté limitée n'apportera la stabilité. La véritable souveraineté, c'est quand l'avenir de l'Ukraine se décide à Kyiv, et non à Moscou ou ailleurs. Nous ne permettrons pas que notre pays soit transformé en zone tampon. »
Il s'agit d'une position absolument limpide concernant les conditions préalables à la conduite du dialogue et des négociations.
À ce propos, le ministre a déclaré sans ambiguïté que l'Ukraine est prête pour une rencontre avec Poutine en Turquie, à condition que les présidents turc et américain agissent comme médiateurs. Cela a d'ailleurs été confirmé par une citation très ferme. Le ministre a affirmé que l'Ukraine est prête pour une rencontre au sommet en Turquie, sous le format « Zelensky-Poutine » avec la participation d'Erdoğan et de Trump.
2. Un sommet à quatre : Le format Zelensky-Poutine-Trump-Erdoğan
« Nous avons récemment transmis ce signal à nos partenaires turcs. Seul le président Trump peut arrêter la guerre, et nous comptons sur nos amis turcs pour organiser cette rencontre. La paix doit être imposée par la force, et non implorée. »
En d'autres termes : la paix par la force. C'est exactement ce que l'administration de Donald Trump a soutenu pendant la campagne électorale et ce qui continue d'être affirmé aujourd'hui.
3. Les « cartes » de l'Ukraine sur la table des négociations
Le ministre a répondu sans équivoque à Trump concernant les discussions sur "l'absence de cartes en main". Il a très clairement souligné que l'Ukraine possède une stratégie précise et des leviers territoriaux :
"L'affirmation selon laquelle l'Ukraine n'aurait pas de cartes pour les négociations ne correspond pas à la réalité. Nos cartes, ce sont le droit international, l'héroïsme de nos soldats, la puissance de nos forces armées et l'unité du monde démocratique. Nous savons avec quels atouts nous nous présentons aux négociations."
4. Réponse à la terreur de masse
Ce point concerne la réaction face à la tactique de terreur de masse que Moscou tente d'exercer contre l'Ukraine. Le ministre souligne que la Russie effectue environ sept attaques massives par mois entre fin 2025 et début 2026, visant délibérément les infrastructures civiles.
"Nous assistons à une nouvelle vague de terreur. L'ennemi porte des frappes massives de manière régulière... cherchant à plonger nos villes dans l'obscurité. Voilà le véritable langage de paix du Kremlin."
5. Pas de retrait unilatéral des troupes
L'Ukraine refuse catégoriquement de retirer ses forces sous la pression des ultimatums. Tout désengagement doit être réciproque.
« Les exigences concernant le retrait de nos troupes du Donbass relèvent du langage de l’ultimatum et non de la diplomatie. Nous sommes sur notre terre, et la protection de notre peuple ne peut faire l’objet d’un marchandage. »
6. Le virage vers le « Sud Global »
L'Ukraine s'engage à garantir la sécurité alimentaire de pays comme l'Égypte, le Nigeria ou l'Indonésie. C'est un choix stratégique de coopération avec l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine.
"L'Ukraine, ce n'est pas seulement la guerre ; c'est aussi la sécurité alimentaire mondiale, les technologies et l'éducation. Notre présence dans le Sud Global est notre choix stratégique."
7. Le piège du « conflit gelé »
Toute pause sans déoccupation est un simple répit permettant à la Russie de préparer sa prochaine agression. Les concessions territoriales ne sont qu'une guerre différée.
« Les tentatives d’imposer la paix au détriment de nos territoires ne constituent pas une paix, mais seulement une guerre différée. »
8. Priorité à la sécurité nucléaire (Zaporijjia)
Le retour de la centrale sous contrôle ukrainien est une impérative de sécurité mondiale. C'est un point critique qui doit être résolu directement par les chefs d'État.
9. L'aspect humanitaire : « Tous pour tous »
La question centrale reste le retour des prisonniers, des enfants enlevés et des civils déportés.
"L'aspect humanitaire ne peut être secondaire. La rencontre des présidents doit garantir la libération de milliers de personnes... C'est notre priorité."
10. Le droit souverain de choisir ses alliances
Ni la Russie, ni personne d'autre ne peut dicter à l'Ukraine si elle doit rejoindre l'UE ou l'OTAN.
"Nous ne permettrons à personne de nous dicter les alliances que nous devons choisir. C'est une part intrinsèque de notre souveraineté."
Conclusion
Ces dix points marquent une position de négociation claire et coordonnée. La délégation ukrainienne dispose désormais d'un cadre précis pour manœuvrer face à Washington ou face à l'agresseur russe.
Cet article a été rédigé sur la base de l'analyse de Roman Bezsmertnyi, homme politique et diplomate ukrainien.
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