Tout ce qu'il faut savoir sur les accords de Minsk

Les accords de Minsk ne sont qu'un leurre signés sous la contrainte de Vladimir Poutine. La Russie a utilisé Minsk I pour regrouper et renforcer sa présence dans les territoires déjà occupés.

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Idées clés :

  • Les accords de Minsk ne sont qu'un leurre signés sous la contrainte de Vladimir Poutine.
  • La Russie a utilisé Minsk I pour regrouper et renforcer sa présence dans les territoires déjà occupés.
  • La réalité fut toute autre : les Russes ont déchiré ces documents comme de vulgaires chiffons, les milices, groupes paramilitaires et politiques fantoches se refusant à la mise en place des accords.
  • Affirmer aujourd'hui qu'il faudrait revenir aux accords de Minsk témoigne au mieux d'une ignorance funeste pour la stabilité de l'Europe, au pire d'une complicité avec l'impérialisme russe.

Texte complet :

La colonisation du Donbass par la Russie entre septembre 2014 et février 2015 faisait passer Lougansk et Donetsk sous l'autorité de groupes criminels financés par Moscou. La communauté internationale ne croyait pas à l'invasion de l'ensemble du territoire ukrainien, considérée comme une prédiction fantaisiste. Elle craignait de prononcer ce mot oublié en Europe : la guerre. La Crimée était déjà sous drapeau russe au mépris du droit international. Vladimir Poutine pouvait se frotter les mains. Il avait anesthésié l'occident en montrant ses muscles.

Il essayait d'infiltrer la société ukrainienne avec des groupes paramilitaires tout en finançant l'installation de gouvernements fantoches. Devant le refus de la population qui mit fin à la pathétique expérience Ianoukovitch, la marionnette de Moscou, les Russes ont planifié l'annexion de l'Ukraine. La première étape passait par les accords de Minsk. C'est ce processus d'escroquerie à la paix qu'il faut analyser.

La Russie, outre ses usines à trolls et ses complicités internationales, ne manque pas d'armes pour développer sa stratégie même si sa capacité à infiltrer le monde médiatique ne trompe pas l'observateur attentif. Néanmoins le développement d'une dialectique de division a partiellement porté ses fruits avec la dénonciation de la querelle est-ouest fomentée outre-Atlantique. Pour colporter son bréviaire, la Russie ne manque pas d'idiots utiles prêts à dénoncer l'ultranationalisme ukrainien, renvoyant le pays à une supposée ressemblance avec le nazisme.

La Russie a utilisé Minsk I pour regrouper et renforcer sa présence dans les territoires déjà occupés.

Quelle est donc la réalité de ces fameux accords de Minsk ? Le Protocole de Minsk (Minsk I) a été signé le 5 septembre 2014. C'était un accord de cessation des hostilités dans le Donbass. Mais il s'est avéré un échec à partir de décembre 2014. Les militants pro-russes n'avaient aucune intention de le mettre en œuvre. Autrement dit, la Russie a utilisé Minsk I pour gagner du temps и faire pression sur l'Ukraine.

En février 2015, après un affrontement près de Debaltseve, est apparu Minsk II. L'accord prévoyait 13 points essentiels :

  1. Le cessez-le-feu
  2. Le démantèlement des troupes
  3. Le retrait des formations armées et de l'armement lourd
  4. Entamer un dialogue sur les modalités de la tenue d'élections locales
  5. L'échange d'otages
  6. L'amnistie des paramilitaires
  7. Assurer l'aide humanitaire
  8. La restauration du paiement des pensions et des salaires du service public
  9. Le rétablissement du contrôle total de la frontière de l'État par le gouvernement Ukrainien
  10. Le retrait de toutes les forces armées étrangères
  11. Mener une réforme constitutionnelle en Ukraine
  12. Les élections à Donetsk et Lougansk sous le contrôle de l'OSCE
  13. Intensifier les activités du groupe de contact trilatéral

La réalité fut toute autre : les Russes ont déchiré ces documents comme de vulgaires chiffons. « Nous ne sommes pas là-bas » fut la seule réponse de Poutine. Les accords de Minsk ne sont qu'un leurre signés sous la menace des mitrailleuses russes. Cette mascarade n'a jamais été ratifiée par aucun parlement.

Affirmer aujourd'hui qu'il faudrait revenir aux accords de Minsk témoigne au mieux d'une ignorance funeste pour la stabilité de l'Europe, au pire d'une complicité avec l'impérialisme russe. Préparons l'avenir en garantissant la victoire de l'Ukraine, c’est-à-dire la victoire de la Liberté.

Source : Le Figaro

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